Le filin Fil d’information en santé environnementale

Santé publique France a mis en place un programme national de surveillance des indicateurs de santé reproductive en lien avec l'exposition aux perturbateurs endocriniens. La cryptorchidie (non descente des testicules dans le scrotum chez le garçon) a été sélectionnée dans ce cadre sur la base du poids des preuves. Cette nouvelle étude, menée à partir du PMSI sur les nouveaux cas de cryptorchidies opérées sur la période 2002-2014 dans la population des garçons de 0 à 6 ans, a pour originalité une analyse des données nationales à une échelle fine, le code postal. Cette approche a permis d'étudier sur une durée de 13 ans un échantillon important de cas incidents (91 400 en France entière, incluant l'Outremer, et 89 382 en France métropolitaine) et d'analyser leur distribution géographique par des méthodes statistiques adaptées.

Une vingtaine de clusters de quelques centaines de km2, dispersés dans le Nord et le Centre-Est de la France ont été identifiés. Leur analyse descriptive suggère le rôle contributif de facteurs socio-économiques et environnementaux géographiquement déterminés dans la survenue de cryptorchidies. Cette étude descriptive est la première à être réalisée sur les cryptorchidies opérées à une échelle nationale, avec un très large échantillon. Elle doit être considérée comme une étude de génération d'hypothèses. Les hypothèses discutées au regard de possibles expositions environnementales ou professionnelles, actuelles ou passées, à des perturbateurs endocriniens (métaux, dioxines, PCB) doivent être approfondies au moyen d'études écologiques et testées par des études étiologiques ciblées.

Joëlle Le Moal, Sarah Goria, Agnès Guillet (et al.), Santé publique France, 2021-03, 41 p.

Publié le 02/04/2021

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